Vers une revalorisation de l’intelligence sociale

Vers une revalorisation de l’intelligence sociale

“Le véritable enjeu c’est moins celui de la fin du travail que d’une transformation massive et fulgurante du contenu des emplois. L’enjeu des compétences est donc crucial pour les jeunes, les demandeurs d’emploi, mais aussi pour les salariés en poste, qu’on a souvent tendance à oublier. La transformation concerne vraiment tout le monde”, souligne Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), alors que ce dernier vient de publier un nouveau rapport consacré à l’impact de la transformation numérique de l’économie.

 

Pour les experts du COE, il ne faut en effet pas croire que cette mutation sans précédent ne débouche seulement sur la nécessité de développer les compétences expertes dans les nouvelles technologies car ces dernières seront aussi “à l’origine d’une demande accrue généralisée pour des compétences sociales et situationnelles”. De la sorte, ils rejoignent les conclusions d’un précédent rapport du Forum économique mondial, qui estimait que “les compétences sociales comme la persuasion, l’intelligence émotionnelle et la capacité à enseigner aux autres, seront de plus en plus demandées” car “beaucoup d’emplois, y compris ceux qui étaient auparavant essentiellement techniques, devront aussi développer leurs compétences créatives et interpersonnelles”. Résultat : “À mesure que les technologies automatisent certaines tâches, la valeur des tâches non-automatisables comme les compétences sociales augmente”.

 

Autant de prévisions qui soulignent que, contrairement à un lieu commun, la révolution numérique valorise les compétences qui constituent le cœur de métier des managers.

 

 

Le Figaro, 17/12/17. (2) Automatisation, numérisation et emploi. Tome II, septembre  (3) The Future of jobs.
Employment, Skills and Workforce Strategy for the Fourth Industrial Revolution, World Economic Forum, janvier 2016.