Respecter l’envie humaine de faire

Pas d’engagement sans rêve collectif

Respecter l’envie humaine de faire

Les êtres humains aiment créer, accomplir des tâches et surmonter des difficultés. Afin d’illustrer ce caractère commun, James Teboul et Philippe Damier, respectivement professeurs à l’Insead et au CHU de Nantes, rapportent, dans un récent ouvrage sur le neuroleadership, la déconvenue vécue, voici quelques années, par les fabricants de desserts prêts à faire.

 

Ces derniers avaient en effet remarqué que les nouvelles préparations ne nécessitant que de rajouter de l’eau à un sachet de poudre ne rencontraient pas le succès escompté lors de leur mise sur le marché. Ils en étaient fort étonnés car ce produit répondait pourtant parfaitement aux besoins d’une société dans laquelle certains savoir-faire se sont perdus et où le temps manque souvent pour cuisiner.

 

Après divers tests et enquêtes, ils ont compris la cause de cet échec : “ces préparations simplifiaient trop le processus pour que les consommateurs s’approprient la confection du gâteau. Ils ont donc augmenté la part de travail pour donner au consommateur une perception accrue de valeur ajoutée et de création”.

 

Pour expliquer ce phénomène, le neurologue James Damier précise : “Nous accordons davantage de crédit à nos propres concepts et créations qu’aux idées similaires générées par d’autres.” Un constat pas nécessairement négatif car “la bonne nouvelle est que le sentiment de propriété nous impliquera davantage dans le développement du projet”. On ne saurait mieux souligner que, dans les œuvres collectives, la motivation naît de la coconstruction !

 

 

  • (1) Neuroleadership. Le cerveau face à la décision
    et au changement, par James Teboul et Philippe Damier,
    Éditions Odile Jacob, septembre 2017,352 p.