Un objectif pour 2018 : réenchanter le changement !

Un objectif pour 2018 : réenchanter le changement !

Traditionnellement, les fêtes de fin d’année, marquent une pause bienvenue dans nos vies souvent trépidantes. Elles permettent de faire le bilan des mois écoulés, d’évaluer ce qui a été fait et ce qui reste à accomplir. Trait d’union entre passé et avenir, elles incitent à formuler des résolutions, à caresser de nouveaux projets…

 

Une envie contrariée de changement

 

De la sorte, elles reflètent l’universel besoin humain de se projeter dans l’avenir. Comme l’observe Michel Eltchaninoff dans une récente livraison de Philosophie Magazine, “nous aspirons tous au changement, pour laisser les erreurs et les souffrances derrière nous, ou pour essayer quelque chose de nouveau”. Mais sauterons-nous le pas ? Allons-nous, cette fois, nous donner les moyens d’accomplir nos projets ? Rien n’est moins sûr car, poursuit-il, “des mécanismes obscurs nous poussent souvent à ne rien entreprendre” (1).

Quels sont-ils ? Il y a d’abord la force des habitudes. “Elles sont silencieuses, passives, mais bien plus ancrées qu’on ne le croit”. Il y a aussi la peur, “qui peut se faire panique, lorsqu’il s’agit de plonger dans l’inconnu” car le changement exige de l’audace. Enfin, de façon plus troublante, il y a l’hésitation qui nous étreint quant aux choix à réaliser. Changer, d’accord ! Mais dans quelle direction ?

 

L’agitation contre le changement

 

Ce dernier obstacle est peut-être le plus difficile à surmonter. D’autant qu’à l’inverse de nos aïeux, nous sommes aujourd’hui confrontés à un environnement lui-même soumis au changement permanent. “Le monde est devenu plus rapide et plus fluide. On nous enjoint sur tous les tons de devenir plus flexibles, plus souples, plus agiles, de nous adapter au bouillonnement général. Il faut, dit-on, se réinventer, évoluer, passer d’un poste à l’autre. Mais lorsque tout bouge en même temps, il est devenu presque impossible de reconnaître les vrais changements. Sur fond de micro-agitations, le changement ne fait plus contraste”, déplore Michel Eltchaninoff.

Il met ainsi le doigt sur le rapport paradoxal que nous entretenons avec le changement. En effet, nous avons, individuellement comme collectivement, toujours autant envie d’aller de l’avant, d’apprendre de nouvelles choses, de vivre de nouvelles expériences… Mais, simultanément, nous éprouvons une grande lassitude face à un monde devenu si liquide et instable que le changement n’y semble plus le reflet d’un choix délibéré ou d’une rupture.

 

Le changement comme volonté

 

Ces remarques ne sont pas neutres pour l’entreprise. Elles dessinent en effet deux conditions à respecter pour retrouver le goût du changement. D’abord se prémunir de l’agitation quotidienne si caractéristique de l’époque pour préférer les véritables projets de transformation. Ensuite, refuser l’obéissance servile à des injonctions extérieures afin de tracer souverainement sa voie dans un monde incertain.

À l’aube d’une nouvelle année, il ne faut donc pas se méprendre : comme tout un chacun, nos collègues et nos collaborateurs nourrissent des projets intimes et des desseins collectifs qui sont autant de désirs de nouveauté. Mais pour transformer cette tension en action, encore faut-il leur proposer de véritables occasions de s’investir, de sauter le pas et de prendre des risques. Tel est le rôle exigeant que l’époque fixe aux dirigeants et managers : réenchanter le changement !

 

 

Jean-Marc Charlet,

David Heinry,

Erwan Nabat,

Xavier Sabouraud,

Vincent Saule

(1) Philosophie Magazine, décembre  2017.