Mieux vaut les “managers Pygmalion” que les “managers Golem”

Mieux vaut les “managers Pygmalion” que les “managers Golem”

“La survie de tout être vivant dépend de ses capacités d’apprentissage”, prévient Jean-Pierre Rossi,  professeur de psychologie cognitive à l’Université Paris-Sud. Un avertissement qui prend bien sûr une acuité toute particulière dans un environnement marqué par des mutations accélérées.

 

Comme chacun le sait, il est désormais impossible de se reposer sur les lauriers de sa formation initiale. Pour perdurer les professionnels doivent désormais se projeter dans l’avenir en acquérant sans cesse de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences.

 

Par chance, comme le souligne le Dr Nadia Medjad dans un récent ouvrage recensant les enseignements des neurosciences dans l’art de la formation, “l’homme est neurologiquement programmé pour apprendre tout au long de sa vie, et ce jusqu’au plus grand âge” si bien que, contrairement à une croyance répandue, il est faux que “tout se joue dans les premières années de la vie”.

 

En revanche, la capacité des individus à apprendre est fortement conditionnée par l’environnement. Nadia Medjad souligne ainsi le rôle crucial de la confiance. Ainsi, plus les enseignants ou les supérieurs d’un individu se montrent confiants dans ses capacités, plus celui-ci se montre effectivement performant : c’est l’effet Pygmalion. À l’inverse, si les mêmes dévalorisent l’individu, alors ses capacités d’apprentissage chutent fortement. Un phénomène baptisé “effet Golem”.

 

“Nos croyances déterminent non seulement nos perceptions mais aussi celles des autres”, explique l’auteur, soulignant ainsi combien il faut préférer les “managers Pygmalion” capables de diffuser la confiance nécessaire aux équipes pour aborder positivement les nouvelles expériences et les nouveaux défis.

 

 

(1) NeuroLearning. Les neurosciences au service de la formation, par Nadia Medjad, Philippe Gil et Philippe Lacroix, Editions Eyrolles, décembre 2016, 188 p.