Les managers, libérateurs de l’intelligence collective

Les managers, libérateurs de l’intelligence collective

“Nous sommes passés d’une logique de knowledge management, c’est-à-dire une sorte de Wikipedia interne, à un fonctionnement dans lequel un collaborateur ou une communauté incarne la connaissance d’un secteur ou d’une problématique particulière”, explique le dirigeant d’une société de conseil à l’occasion d’un dossier du magazine Management consacré aux “nouvelles façons de travailler que vous allez adorer” (1).

 

Signe des temps, parmi les 22 expériences et pratiques recensées, 17 concernent de nouvelles façons d’acquérir et de partager des connaissances. Ainsi, qu’il s’agisse de travailler “sans bureau”, “en coworking”, “en réseau”, “en mouvement”, l’objectif est toujours le même : “provoquer le partage des connaissances et la résolution de problèmes entre pairs”. Un objectif qui s’inscrit jusque dans l’architecture des lieux de travail. Ainsi, le nouveau siège parisien de Danone propose aussi bien “des salles de créativité pour phosphorer” que des “boîtes à silence pour se concentrer en toute sérénité”.

 

Toutefois, c’est largement l’aspect collaboratif qui l’emporte, comme en témoigne la “gamification”, autrement dit le recours au jeu comme outil d’apprentissage et d’innovation. Un exemple : “plutôt que de faire plancher ses collaborateurs en réunion plénière sur leur vision à cinq ans, leur patron leur a demandé de réaliser, en équipe, une vidéo d’une minute sur le sujet”. Une logique pérennisée par d’autres structures sous la forme de “tribus d’expertises” réunissant, sur la base du volontariat, des salariés déterminés à progresser ensemble dans un domaine de leur choix.

 

Autre caractéristique majeure de ces expériences : la volonté de favoriser la circulation des informations et des idées d’où qu’elles viennent. Comme l’explique l’ancienne DRH Europe, Moyen-Orient et Afrique de Google, “pour se couler dans le moule, il faut se départir de son ego”. Plus précisément : “Renoncer à la posture du ‘sachant’ pour reconnaître la réussite à plusieurs.”

 

Contrairement à une idée reçue, dans ces “nouvelles façons de travailler”, les managers n’ont pas disparu, loin de là. En revanche, leur mission a gagné en subtilité. Alors qu’ils étaient prioritairement envisagés comme les relais d’une information descendant du sommet à la base, ils sont devenus les animateurs d’un espace multidimensionnel dans lequel toutes les idées, les compétences, les envies doivent contribuer à l’œuvre commune.

 

Il ne faut en effet pas se leurrer. Ces nouvelles postures ne sont pas si naturelles pour tout le monde. Comme le souligne Perrine Grua, directrice des ventes et du marketing de Numa, un réseau international dédié à l’innovation, “il faut avoir envie de cette autonomie, de cette responsabilité entrepreneuriale”. Tel est certainement l’un des rôles cruciaux des managers : libérer l’envie d’apprendre, d’expérimenter et de contribuer que nous avons tous en nous !

 

 

 

(1) Management, février 2018.