Libérer l’innovation plutôt que prescrire les solutions

Libérer l’innovation plutôt que prescrire les solutions

Il faut plus que jamais miser sur la créativité de tous. C’est la conclusion à laquelle est parvenu Richard Staub, président du Peter Drucker Forum en s’interrogeant sur les facteurs contribuant le plus à la “richesse des sociétés” (1).

 

Son raisonnement part du postulat que, conformément au travail d’Eric Beinhocker, professeur à la Blavatnik School of Government de l’University of Oxford, ”la quantité de problèmes humains que la société a résolus et le degré auquel le plus grand nombre peut accéder à ces solutions sont, au-delà des aspects purement comptables, les meilleurs indicateurs de la richesse d’une société”.

 

Imparable mais incomplet. Car pour Richard Staub, “ce ne sont pas seulement les solutions elles-mêmes qui améliorent la qualité de vie, c’est également l’engagement dans l’acte de résolution”. En effet, “contribuer à l’innovation enrichit notre vie en lui donnant un but, une dignité ; et progresser en mettant les initiatives au défi procure une joie réelle” car “résoudre les problèmes de façon imaginative fait partie de la nature humaine. C’est essentiel à une vie de qualité.” Si bien qu’ “aucune élite ne devrait en détenir le monopole”.

 

Ces observations valent bien sûr dans le monde de l’entreprise : “Les grands managers savent comment puiser dans cette ressource abondante et ils reconnaissent que rassembler les énergies créatives accélère le progrès”, note Richard Staub. Mais elles esquissent aussi une méthodologie pour mener à bien les projets dont la réalisation déborde le cadre de l’entreprise, comme les projets d’infrastructure.

 

En effet, nombre de ceux-ci se heurteraient à de moindres résistances si leurs promoteurs respectaient trois règles :

– revenir au concret en se concentrant sur “les solutions pratiques aux problèmes qui se posent réellement aux gens”,

– aborder les questions avec créativité en favorisant l’émergence de solutions nouvelles d’où qu’elles viennent et même si elles n’étaient pas initialement envisagées,

– associer le plus d’acteurs possible à cette démarche collective.

 

Une démarche révolutionnaire ? Pas si sûr ! Au XIXe siècle déjà, Tocqueville notait qu’ “un pouvoir central, quelque éclairé, quelque savant qu’on l’imagine, ne peut embrasser à lui seul tous les détails de la vie d’un grand peuple. […] La force collective des citoyens sera toujours plus puissante pour produire le bien-être social que l’autorité d’un gouvernement”.

 

 

(1) Harvard Business Review, octobre-novembre 2017.