Les Matinales du Changement #2

Les Matinales du Changement #2

Classe inversée, digital learning, social learning  : la formation, entre nouvelles modes et nouveaux modes, développée par des experts.

 

Mardi 3 juillet dernier, Mazars – Alter&Go organisait la 2ème édition des Matinales du Changement.  En parallèle de la sortie du premier numéro du “Magazine du Changement”, réalisé par Mazars – Alter&Go, trois intervenants nous ont fait part de leurs expertises et de leurs expériences autour de la formation. Ils représentaient trois points de vus différents : celui de la gestion des ressources humaines en grande entreprise, celui du formateur et celui de l’enseignant. Lomig Guillo, rédacteur en chef de Management magazine, a mené les échanges entre intervenants et avec le public.

 

 

Le changement et l’apprentissage, un lien réciproque


“Changer, c’est partir à la découverte, et apprendre de nouvelles choses. On peut donc affirmer qu’aimer apprendre, c’est aimer le changement, et inversement”. Lomig Guillo, rédacteur en chef du Management Magazine, reprend cette idée en s’appuyant sur un article de ce même mensuel : les psychologues se sont rendu compte, par une expérience autour du jeu du Bonneteau, que la meilleure façon d’apprendre est de tirer des leçons de ses erreurs et de celles des autres. Le changement est bien présent dans l’apprentissage.
Raphaël Bolard, Manager Formation chez Mazars – Alter&Go,  poursuit sur l’idée que “les problématiques rencontrées par les entreprises et dans la formation professionnelle, sont les mêmes que celles des établissements scolaires. Les principales sources de transformation de l’apprentissage sont : la digitalisation, la démocratisation de l’accès aux connaissances  et l’importance de l’aspect communautaire”.
Olivier Carlat, directeur de la formation et du développement social chez Véolia, souligne la réciproque de ce lien entre changement et apprentissage : “ Il est important, via la formation, d’accompagner le changement des métiers de tous les collaborateurs, et notamment de ceux qui ont été en situation d’échec scolaire (il prend l’exemple des CAP chez Véolia), et qui ont donc une mauvaise relation avec l’apprentissage. Il faut leur donner l’envie d’apprendre”.

 

 

Vers des organisations plus horizontales


Une des conséquences de ces transformations, est l’évolution du rôle du manager, du formateur et de l’enseignant. Selon Raphael Bolard “enseignants et managers doivent être des accompagnateurs d’apprentissage : Google en sait plus, mais le manager et l’enseignant ont l’expertise pédagogique”.
Patrick Saoula, fondateur de la pédagogie Toukouleur, applique ce principe avec le concept de la salle ouverte. Il souligne l’intérêt du mode projet qui met en avant la coopération et la communauté : “on peut tous apprendre quelque chose de tout le monde”. Le principe de la salle ouverte, est d’aider les élèves, ou les professeurs, à passer de l’idée  au projet, et à l’action : ”en accompagnant les élèves dans leurs initiatives l’enseignant apprend lui aussi  des élèves, et des tiers qui rejoignent également le projet pour apporter leurs expertises. »
Olivier Carlat soutient l’idée de communauté et de la coopération. Il donne l’exemple d’un projet d’arbre solaire qui lui avait été présenté pour obtenir un financement. Celui-ci avait été mis en place grâce à la collaboration de différentes classes de CAP qui réunissaient plusieurs expertises dont ils avaient besoin pour réaliser le projet : “nous avons suivi de près le parcours de ces étudiants chez Véolia, et leurs résultats sont impressionnants !”.

 

 

Donner envie, la clé pour conduire le changement vers de nouveaux modes d’apprentissage


Classes inversées, social learning, digital learning,… les nouveaux modes d’apprentissage ont la même problématique : comment faire en sorte qu’ils soient utilisés, et à bon escient, que ce soit par les enseignants ou par les élèves ?  Olivier Carlat nous donne l’exemple de la mise en place d’une plateforme e-learning chez Veolia : “même si les retours des utilisateurs sont très bons tant sur la forme que sur le fond, seulement 20% des cibles l’utilisent”. L’enjeu, sur lequel s’accordent les trois intervenants, est de donner envie aux collaborateurs de se former, de leur donner du sens.
Raphaël Bolard met l’accent sur le rôle du manager : “quand le formateur doit  donner envie, donner du sens à la formation, le manager, lui, doit être un accompagnateur, un facilitateur d’apprentissage”. Interrogé sur la gamification, il nous explique que “celle-ci a un réel intérêt pour générer engagement et enthousiasme, mais le concept n’est pas nouveau et est utilisé depuis longtemps. Cependant, son intérêt a été renouvelé avec le digital qui ouvre d’autres portes”.
Patrick Saoula , avec la pédagogie Toukouleur, met l’accent sur le réseau, la communauté pour lancer des projets que l’on aurait tendance à abandonner par manque de compétences. De plus, cette pédagogie se base sur le volontariat : que ce soit les élèves ou les professeurs, ils viennent donner de leur temps et de leurs expertises gratuitement, parce qu’ils en ont envie, et sont donc engagés.

 

 

Pour aller plus loin, le Magazine du Changement


Le 3 juillet dernier, Mazars – Alter&Go, sortait la première édition du Magazine du Changement pour multiplier les échanges, les rencontres et les réflexions conjointes avec l’ensemble des personnes et des organisations qui au quotidien analysent, vivent ou provoquent le .
Alain Bloch, directeur HEC Entrepreneur et Daniel Andler, professeur spécialiste des sciences cognitives, prennent la parole sur les changements dans l’éducation, la formation et le désir d’apprendre.

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