Les leçons du fiasco de notre-dame-des-landes

Les leçons du fiasco de notre-dame-des-landes

“Un énorme gâchis, en termes de temps et d’énergie.” C’est ainsi qu’Olivier Morin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Pays de la Loire, qualifie l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (1). Un sentiment partagé par la maire de Nantes Johanna Rolland : “Cette décision bafoue l’expression démocratique qui s’est exprimée. C’est un déni de démocratie. Cette décision affaiblit l’État de droit puisque 180 décisions de justice, ont toutes été favorables au transfert”, a-t-elle déploré avant d’ajouter : “Cela va interroger aujourd’hui et demain d’autres projets dans toute la France” (2).

 

Il est vrai que l’affaire de Notre-Dame-des-Landes et son épilogue révèlent une profonde mutation de la décision publique. Ils démontrent avec éclat que la seule autorité des juges et des experts ne peut désormais suffire pour emporter une décision tant, à l’heure de la défiance, nos contemporains ne leur accordent plus qu’une faible légitimité. Quant au référendum, il n’a fait qu’aggraver la situation en enfermant les deux camps dans une logique de confrontation (3). Comme n’a pu que le constater le Premier ministre Édouard Philippe, “le projet de Notre-Dame-des-Landes était devenu l’aéroport de la division”.

 

Il n’est toutefois pas sûr que de tels fiascos soient appelés à devenir la norme. L’expérience prouve en effet qu’en envisageant la concertation comme un processus dynamique et ouvert aux propositions, les projets d’infrastructures peuvent bénéficier d’un large soutien et redevenir ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : des projets fédérateurs.

 

 

(1) franceinfo.fr 18/01/18.

(2) Cité in La Tribune, 17/01/18.

(3) “Le référendum risque d’amplifier le clivage autour du projet de Notre-Dame-des-Landes”, par David Heinry, Les Échos, 20/06/16.