Faire des efforts, d’accord… mais en s’amusant !

Faire des efforts, d’accord… mais en s’amusant !

Avez-vous déjà entendu parler du “sportainment” ? Comme le relève l’expert en marketing Bruno Schwobthaler dans la dernière livraison de la revue Influencia, cette hybridation du sport et de l’entertainment fait un tabac dans les pays anglo-saxons (1). Le principe en est simple : il s’agit de proposer à des novices de participer à des événements sportifs organisés à la manière de véritables divertissements télévisuels.

 

Pour les experts, l’essor du sportainment répond au constat qu’en matière d’activité physique, “l’option hard du ‘no pain, no gain’ et la mise en avant de la performance dans le sport ne sont plus, s’ils l’ont été un jour, les bons leviers à actionner pour faire bouger les gens.” À la place du traditionnel dépassement de soi, le sportainment propose “une participation dont la motivation est le fun, une valeur plus susceptible de motiver une majorité de gens”.

 

Le sportainment s’inscrirait donc dans une tendance profonde : le refus de plus en plus fréquemment opposé par nos contemporains aux activités qu’ils jugent rébarbatives. Il est bien sûr permis d’y voir un déclin de l’austère culture de l’effort et de l’honneur qui imprégnait autrefois nos sociétés. Mais ce ne serait qu’à moitié vrai. En effet, les amateurs de sportainment ne fuient pas tant l’effort que l’ennui. Ils veulent bien suer, s’accrocher et même aller au-delà de leurs limites, mais pas sans s’amuser avec leurs partenaires. Inutile de préciser que cette même aspiration ne reste pas à la porte de l’entreprise…

 

 

 

(1) Influencia, n° 22, septembre 2017.