Faire de L’identité un pivot du changement

Faire de L’identité un pivot du changement

“Les cheminots développent un engagement qui va au-delà du travail prescrit. Rares sont ceux qui rechignent devant un imprévu […]. Le volontariat est spontané mais, à l’inverse, toute contrainte imposée de l’extérieur est mal vécue”, observe Loïc Hislaire  ancien conseiller en relations sociales de Guillaume Pepy, dans un bréviaire managérial inspiré de son expérience au sein d’une SNCF confrontée au défi du changement (1).

 

De la sorte, il entend souligner que, dans les processus de transformation, les facteurs psychologiques et identitaires sont trop rarement pris en compte. Un grave écueil car “la conduite du changement implique de cerner les motivations profondes des salariés”. Il souligne ainsi qu’au sein de la SNCF, “les cheminots constituent un corps très particulier” dont il faut “comprendre la fierté du métier et du chemin de fer”.

 

Préfacier de l’ouvrage, le sociologue et anthropologue Philippe d’Iribarne confirme : “L’entreprise se préoccupe grandement de la psychologie du client, mais sa connaissance de la psychologie du personnel est limitée […] alors que c’est lorsque l’on souhaite faire évoluer les comportements qu’il faut en examiner les ressorts. Plus on veut muter, plus il faut s’attarder sur l’existant” (2). Nous l’avons souvent vérifié : l’engagement des salariés découle grandement de l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. En période de transformation, il convient donc de s’appuyer sur leur identité plutôt que de la violenter.

 

(1) Le triangle du manager, par Loïc Hislaire,
Le Cherche Midi, mars 2017, 192 p. (2) Les Echos, 03/04/17.