Et vous, que changeriez-vous ?

Et vous, que changeriez-vous ?

 LES ECHOS EXECUTIVES – L’édito par Muriel Jasor, rédactrice en chef des Echos Executives

 

Chronique Changer est le thème obsédant de tout début d’année. Mais, en entreprise, toutes les mutations ne charrient pas le même lot d’émotions.

 

« Vous avez les clefs du monde, que changez-vous ? » C’est la question que pose le Cercle des économistes aux étudiants, en amont de ses journées estivales de conférences. Un appel à idées jusqu’à début avril, récompensé en espèces sonnantes et trébuchantes, en invitations aux célèbres conférences d’Aix-en-Provence et même en stages d’un jour dans la peau d’un journaliste de radio. Changer est le thème obsédant de tout début d’année. Va-t-on déménager ? Voyager ? (Re) tomber amoureux ? Se (re) marier ? Avoir un enfant ? Fêter le premier job du plus grand ? Changer de métier ? Donner dans le bénévolat ? Concrétiser un projet ancien ? Le changement est partout, dans toutes les têtes, dans tous les foyers et toutes les entreprises.

 

Et cela tombe bien puisque, contrairement à nombre d’idées reçues, 68 % des Français déclarent justement l’aimer, d’après une enquête menée par l’institut CSA pour le cabinet Alter&Go en collaboration avec HEC Paris. Mais, en entreprise, tous les changements ne charrient pas le même lot d’émotions. Une restructuration se vit d’une façon bien différente qu’une inflexion stratégique ou l’adoption de nouveaux outils. Une « digitalisation » d’activités n’offre pas le même ressenti qu’une internationalisation. Face à l’injonction de changer, le grand art ne consisterait-il pas à manier, avec maestria, pérennité et changement, deux notions pas du tout antinomiques ?

 

« Rien n’est permanent sauf le changement », entonne-t-on du coup avec Héraclite, en se disant que l’agilité, fille du changement et dont on retient en entreprise surtout les contours techniques, relève aussi de tout un état d’esprit. Merveilleuse année 2018 à nos fidèles lecteurs !

 

Article disponible sur lesechos.fr