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Travail, la soif de liberté : Comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail

Par Denis Pennel, Éditions Eyrolles, septembre 2017, 264 p., 18 €.

 

“Si le salariat s’est imposé dans le courant du XXe siècle au sein des économies industrielles pour devenir la forme générale d’emploi et le pivot de nos systèmes de protection sociale, il connaît aujourd’hui une crise existentielle”, écrit Denis Pennel. Si le constat n’est pas d’une grande originalité, son auteur, directeur général de la World Employment Confederation se distingue toutefois par la conviction que cette crise, loin de nous inquiéter, devrait nous réjouir parce qu’elle se manifeste par un surcroît de liberté dans le travail.

“La dictature de l’emploi salarié a pris le travail en otage, réduisant des métiers et des expertises à des fonctions bureaucratisées et à des postes standardisés”, déplore-t-il pour se féliciter que ce carcan soit désormais remis en cause de tous côtés. Car le salariat est dépassé sur sa droite par sa “progéniture hybride et mutante (CDD, intérim, temps partiel, etc.) et à sa gauche par le travail indépendant”. Lui objecte-t-on que cette évolution rime trop souvent avec précarité ? Il réplique aussitôt que celle-ci ne provient pas tant des nouvelles formes d’emploi que de l’incapacité de la société à les prendre en compte. “Que se passerait-il si, demain, les banques accordaient des prêts à des contrats à durée déterminée, si les propriétaires louaient leurs biens immobiliers à des intérimaires ? Est-on si sûr que le salariat serait encore si attrayant ?”

Du reste, Denis Pennel ne condamne pas nécessairement le salariat. Plus simplement – ou plus radicalement -, il souhaite que les évolutions en cours permettent de ne plus vivre le travail comme une corvée, une punition, ni même comme une nécessité, quel que soit le statut des travailleurs. Il faut bien sûr souhaiter que cela advienne car, comme il l’observe, depuis un moment déjà, notre rapport au travail a profondément évolué. “Les jeunes générations ne veulent plus être enfermées dans un cadre contraint et improductif, le travail devient de plus en plus synonyme d’accomplissement de soi et doit faire rimer passion et activité professionnelle. Plus question de perdre sa vie à la gagner ! Plus question de se satisfaire d’un boulot alimentaire et d’attendre sa retraite pour profiter de la vie ! Plutôt créer son entreprise que de rendre des comptes à un chef incompétent !”, résume Denis Pennel.

Autant d’observations qui ont le mérite de souligner que, pour l’entreprise, les mutations du travail, loin de représenter une simple aubaine, comme le croient certains, sont plutôt un redoutable défi qui remet les managers au centre des enjeux. En effet, qui d’autres qu’eux peut assumer la tâche délicate mais exaltante de refaire de l’entreprise une aventure à vivre ?