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Prenons un risque, misons sur l’incertitude !

Prenons un risque, misons sur l’incertitude !

La nouvelle chronique du changement signée Erwan Nabat est à lire dans le magazine Management du mois de novembre.

 

Connaissez-vous le paradoxe d’Ellsberg ? Il décrit notre tendance naturelle à préférer le risque à l’incertitude. Entre ce qui est connu et mesurable et ce qui ne l’est pas, nous privilégions systématiquement la première option, quand bien même elle ne serait pas bénéfique. Dans un monde où l’avenir apparaît de plus en plus confus, de moins en moins facile à déterminer, la question se pose avec acuité : l’être humain, a fortiori le leader ou le dirigeant, est-il « taillé » pour l’incertitude ? Il semblerait que non, si l’on en juge d’après les atermoiements actuels autour de sujets clés pour notre futur.

 

Quelles résolutions l’Europe et ses entreprises doivent-elles adopter face au Brexit, dont les conséquences sont imprévisibles ? Compte tenu des enjeux écologiques et sécuritaires, quel avenir donner aux centrales nucléaires, alors que les besoin en électricité sont en progression exponentielle?

 

Les progrès de la civilisation du siècle dernier, fondés sur une planification de projet et une gestion du risque bien ordonnées, dans un monde « fini », s’inscrivaient dans le schéma de pensée hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. C’est beaucoup moins le cas d’un monde où domine l’incertitude.

 

La constitutionnalisation du principe de précaution, dernier sursaut d’une société reposant sur la prévention des risques, est ainsi surannée. D’abord ce principe n’est guère efficace, quand il ne conduit pas à des aberrations, tels les 700 millions d’euros dépensés pour vacciner toute la France contre la Grippe A en 2010 alors que la pandémie était déjà stoppée.

 

Et si la solution, comme souvent, était à trouver du côté des entreprises, devenues au fil des ans le laboratoire des expérimentations sociales du monde moderne ? Pour nombre d’entre elles, dans ce nouveau monde, prévoir et organiser sont des réflexes dépassés. Désormais, elles s’adaptent et, pour cela, s’orientent dans trois directions. Pour commencer elles font de leurs salariés des « intrapreneurs » et les nourrissent de confiance, de détermination et d’optimisme. Ensuite, elles « agilisent leurs organisations, en détricotant doucement les liens hiérarchiques solidifiés par 70 ans de théories de l’organisation enracinées dans l’univers militaire. Enfin, elles accueillent avec attention les nouvelles générations, en mettant en place des shadow comex ou en déléguant le développement de leurs activités à des start-uppeurs.

 

Confiance, agilité, jeunesse : des ingrédients paradoxaux, mais plus efficaces que le repli sur soi pour rassurer citoyens ou salariés. Un entrepreneur, assurait récemment Xavier Niel, a plus de chances de changer le monde qu’un homme politique. Que l’assertion soit ou non exacte, la question qui brûlent les lèvres des citoyens serait plutôt : changer oui, mais pour aller où ? Les grandes utopies du 20ème siècle se sont éteintes avec lui. L’incertitude règne. Mais, à en croire Oscar Wilde, c’est justement « l’incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume ». Pour peu qu’on veuille regarder l’avenir avec optimisme.