La possibilité d’évoluer, moteur de l’engagement

La possibilité d’évoluer, moteur de l’engagement

L’enthousiasme des jeunes travailleurs tend à décliner à mesure qu’ils avancent en âge. C’est l’enseignement d’une récente étude de la filiale britannique du cabinet de recrutement Robert Half relayée par le Figaro (1). Après avoir sondé 2000 salariés, il est en effet apparu qu’avant 35 ans, seul un salarié sur dix se déclare malheureux dans sa vie professionnelle tandis qu’ils sont un sur six à ressentir ce spleen après cet âge.

 

Pour expliquer cette césure, le psychologue Cary Cooper, enseignant à la Manchester Business School, avance qu’“il arrive forcément un moment où se présentent les cas de figure suivants : soit vous n’avez pas assez progressé, soit le travail vous épuise, soit vous commencez à vous dire que la famille est plus importante”. Une seconde étude, réalisée par OpinionWay pour les éditions Tissot, va dans le même sens, en identifiant une “crise de la quarantaine du salarié”, 77 % des salariés affirmant que le passage à la quarantaine change leur rapport au travail.

 

Toutefois, il ne faudrait pas croire que cette crise se traduit irrémédiablement par un déclin de l’engagement. Selon le sociologue Ronan Chastellier, elle résulterait plutôt de désirs inassouvis : “Il y aurait une sorte d’éveil de soi, un tonus existentiel qui déclenche des envies, des projets. Il y a donc des velléités, une série d’impulsions fougueuses, sorte de crise d’adolescence du salarié, tant celui-ci est dans l’arrachement à un système devenu trop familier et dans un besoin d’aventure”, explique-t-il au Figaro.

 

Cette hypothèse est validée par les résultats de l’enquête : “La moitié des salariés sondés estime que l’ennui dans son métier signe l’échec de sa vie professionnelle.” Pour maintenir l’enthousiasme des salariés, la meilleure méthode consiste donc à leur donner de nouvelles occasions d’apprendre, d’avancer et d’évoluer. Comment s’en plaindre ?

 

 

 

(1) “Un salarié commence à détester son travail à 35 ans”, Le Figaro Économie, 25/08/17.