Une nouvelle envie d’y croire et surtout… d’agir !

Une nouvelle envie d’y croire et surtout… d’agir !

Laccession surprise dEmmanuel Macron à lElysée a donné lieu à de nombreux commentaires. Pour lexpliquer, les experts de la chose publique ont ainsi évoqué lusure des vieux partis, laffaiblissement du clivage droite-gauche, la logique institutionnelle de la Ve République ou encore les effets démultiplicateurs du mode de scrutinCertes, tout cela a joué. Mais il y a probablement autre chose, à la fois plus profond et fragile, qui sest manifesté. Quelque chose qui dépasse la personne dEmmanuel Macron : un nouvel état desprit collectif quAlain Duhamel avait désigné, dès le mois de février, dans les colonnes de Libération, comme la tentation de loptimisme (1).

 

 

Rejet du déclinisme

 

 

Fort de sa longue expérience, ce journaliste politique rappelait que, depuis le début des années 80, la France était devenue incurablement pessimiste et anxieuse, doutant delle-même, de ses capacités et de son avenir, comme, année après année, en témoignaient les sondages qui installaient notre pays en tête des nations les plus sombres.. Mais – ô surprise ! -, il percevait que ce sentiment dominant était désormais contesté par une frange significative de lopinion affichant un refus du pessimisme, un rejet du déclinismequi se sont cristallisés sur le candidat Macron mais se manifestent bien au-delà de la seule sphère politique.

Dans une chronique, le psychiatre Christophe André remarque ainsi que face aux Cassandres politiques ou journalistiques qui ressassent que tout va mal, de plus en plus de voix commencent à se faire entendre pour modérer ce sentiment (2). Lun des représentants de ce courant est lessayiste Jacques Lecomte qui, dans un récent ouvrage, suggère une nouvelle façon denvisager le monde et les défis quil recèle : loptiréalisme (3).

A loccasion dun entretien accordé au magazine Psychologie Positive, ce dernier explique que derrière ce néologisme mélangeant optimisme et réalisme, il y a surtout un désir daction : Quest-ce que jentends par être optimiste ? Le monde peut aller mieux, jen fais le pari ; mais il faut se retrousser les manches. Cest un optimisme de lengagement actif, non pas de lattente béate et naïve. Si nous avons cette forme doptimisme, alors cest du réalisme, et les choses vont se mettre en place. (4)

 

 

Répondre au désir daction

 

 

Le regain doptimisme qui se manifeste en France naurait donc rien à voir avec la fameuse méthode Coué. Il ne sagit pas de se persuader que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondesmais plutôt de reprendre confiance dans nos capacités dagir individuellement et collectivement sur le cours des choses. Comme l’écrit encore Christophe André, nous avons besoin des optiréalistes, qui rappellent que le changement est possible.

Une fraction croissante de nos contemporains refuse la résignation. Elle souhaite agir, sengager, participer à un élan collectif. Il sagit là dune aspiration sociale extrêmement saine que les dirigeants et managers dentreprise doivent accueillir avec enthousiasme afin quelle irrigue toute la société.

Telle est notre posture optiréaliste: ne pas tout attendre dune élection mais plutôt créer les conditions du changement sur le terrain, dans chaque bassin demploi, dans chaque entreprise et au sein de chaque site industriel. Car cest bien là que lattente est la plus forte et que chacun pourra agir sur le réel en participant à une véritable aventure collective !

 

Jean-Marc Charlet,

David Heinry,

Erwan Nabat,

Xavier Sabouraud,

Vincent Saule

 

(1) Libération,, 08/02/17. (2) Cerveau&Psycho, juin 2017.
(3) Le Monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez, par Jacques Lecomte, Editions Les Arènes, février 2017, 210 p. (4) Psychologie Positive, mai-juin, 2017.