Comment Ludwigsburg a réinventé son avenir

Comment Ludwigsburg a réinventé son avenir

En France comme dans dautres pays européens, la concurrence en termes dattractivité est une réalité entre zones urbaines. La qualité de vie est souvent mise en avant. Bientôt, la capacité dune ville ou dune métropole à générer la concertation et le faire ensemble en fera naturellement partie, avertit Marie-Liane Schutzler, ancienne chargée de projet au département de développement urbain durable de la ville allemande de Ludwigsburg, dans une récente contributon aux Echos (1).

 

Désormais consultante senior en concertation pour Alter&Go Groupe, elle invite les décideurs français à sinspirer de la méthode de concertation mise en œuvre par cette ville de 91.000 habitants. La participation des citoyens y est devenue une évidence lorsque, il y a 12 ans, plus de mille habitants tirés au sort ont été conviés à participer à deux premières Conférences pour lavenir, explique-t-elle.

 

Leur concept est original : Il ne sagissait pas de débattre de l’élaboration dun projet précis, mais dentraîner les participants dans une vision la plus large possible du développement de leur territoire. Et donc de leur devenir. Des réflexions intégrant des sujets aussi divers que l’économie, lemploi, l’énergie ou la culture ont été impulsées. Elles ont débouché sur des masterplansencadrant des projets d’évolution de vie dans la ville à dix et vingt ans.Lengouement a été tel que, désormais, une Conférence pour lavenir est organisée tous les trois ans pour examiner les avancées et réajuster les orientations en fonction des nouveaux enjeux. La vision partagée qui en émerge renforce ainsi lacceptabilité de tout ce qui sentreprend.

 

Pourquoi cette façon de faire est-elle encore si peu répandue en France ? Certains évoquent notre nature réputée volontiers querelleuse, notre aversion instinctive au consensus, sans oublier les traces profondes qua laissé, dans nos pratiques sociales, le modèle jacobin et la croyance erronée dans un Etat seul détenteur de lintérêt généralForte de son expérience, Marie Liane avance une explication complémentaire : Sur nos territoires, lapproche de la concertation apparaît plus séquentielle, car institutionnalisée, juridiquement codifiée et centralisée. Parfois, lAutorité publique organise et orchestre le débat et le prive de sa pleine mesure.

 

Pas de quoi désespérer toutefois, car ce fossé révèle aussi lexistence de belles marges de progrès. La solution ? Respecter les procédures légales de concertation mais sans se priver de les déborder en misant davantage sur linventivité, lexpérimentation et le désir humain de se forger un avenir commun.

 

(1) La concertation en France gagnerait-elle à sinspirer de nos voisins
européens ?, par Marie-Liane Schutzer, in LesEchos.fr, 02/06/17.