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Le Tako Tsubo.
Un chagrin de travail
Par Danièle Laufer (à paraître le 27 septembre), Éditions Les Liens qui libèrent, 160 pages, 15 €

 

 

“Après le burn-out (consumation par excès d’investissement), le bore-out (exténuation par l’ennui) et le brown-out (anéantissement par la perte de sens), le tako tsubo -intègre cette saison la longue liste des menaces plus ou moins diffuses pesant sur l’open space”. C’est ainsi qu’un récent article du Monde (28/08/17) présente l’ouvrage que la journaliste Danièle Laufer consacre au tako tsubo également appelé “syndrome du cœur brisé”.

 

Cette maladie n’est pas une parfaite inconnue. Selon les chercheurs japonais qui l’ont identifiée, elle survient après un choc émotionnel grave, le trop-plein de stress provoquant alors une dilatation du ventricule cardiaque gauche qui prend alors la forme d’un tako tsubo, autrement dit d’un piège à poulpe japonais. Le cœur reprendra ultérieurement sa forme initiale mais en laissant la personne concernée profondément exténuée.

 

Dans son ouvrage, Danièle Laufer décrit le tako tsubo dont elle a été victime à la suite d’une violente altercation avec une collègue. Comme le relate Le Monde, dans l’ouvrage de Danièle Laufer, “la vie au bureau, sur -laquelle on projette volontiers une forme d’idéal et de réalisation de soi, est envisagée sous l’angle de l’amour déçu. Dans une période où avoir un travail fait figure de privilège, le ressentiment accumulé au fil d’années de labeur insatisfaisant devient difficile à verbaliser et conduirait à cette phase de décompensation physique aussi inattendue que violente”.

 

Certains lecteurs seront peut-être agacés de voir ainsi la vie professionnelle décrite une nouvelle fois comme pathogène. Toutefois, si subjectif soit-il, le récit de Danièle Laufer a le mérite de rappeler une vérité bien établie, celle-ci : pour chacun d’entre nous le travail n’est pas seulement un moyen de subvenir à nos besoins, il est une activité dans laquelle on met du cœur à l’ouvrage, autrement dit dans laquelle on s’engage physiquement mais aussi émotionnellement et psychiquement.