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Politesse, savoir-vivre et relations sociales
Par Dominique Picard, PUF, mai 2017, 128 p. 9 .

 

La politesse est un ensemble de règles proposant des modèles de conduite pour toutes les situations. Prévoyant ce quil convient de faire en toutes circonstances, en ville comme au travail, elle facilite les rapports interpersonnels, prévient les hésitations, sauve de la gêne. Ne dit-on pas que la politesse est lhuile dans les rouagesdes relations sociales ?Cest la définition que Dominique Picard, directrice du Master Professionnel Travail et consultations psychosociologiquesde luniversité Paris XIII, donne de la politesse.

 

Elle suffit à démontrer que les entreprises devraient davantage sy intéresser. En effet, comme le savent tous les managers, au-delà dune simple combinaison des facteurs de production, lentreprise est aussi un lieu de vie : elle ne peut donc faire l’économie dun certain savoir-vivre dont la finalité essentielle est de faire de la vie sociale un tout ordonné et harmonieux. La politesse est toujours située dans un lieu, un cercle spécifique dont elle est lun des ciments. Cest pourquoi la préséance prend une importance particulière lors des fêtes qui rappellent aux membres des groupes les liens qui les unissent.

 

Bien entendu, on sacrifie aussi à ces rituels sociaux en entreprise, par exemple lors de laccueil dun nouveau salarié, du lancement dun projet ou de son aboutissement. Et on fait bien car ces rites codifiés sont aussi loccasion de faciliter les transitions, de permettre à la collectivité de simpliquer dans les modifications qui laffectent. Les rituels qui tissent un savoir-vivre commun se révèlent donc des facilitateurs du changement car ils rassurent en laissant entrevoir une certaine immuabilité du groupe à travers les inévitables transformations.

 

Encore dubitatif sur les liens entre la politesse et le management ? Sachez alors que lengagement est lun des maîtres mots du savoir-vivreet quil exprime la supériorité du social sur lIndividuel. La conception de l’être humain qui le sous-tend est plus celle dun membre dune communauté, dun acteur socialque celle dun individu.Un atout assurément non négligeable dans un univers managérial désormais fondé sur lautonomie, la responsabilité et le libre-engagement.