contact

CONTACT

+ 33 145 83 71 70

contact@alteretgo.fr


NEWSLETTER

Pas d’engagement sans rêve collectif

Pas d’engagement sans rêve collectif

Pas d’engagement sans rêve collectif

“Diriger aujourd’hui, c’est avant tout être un homme ou une femme, désirant, porté par la vitalité d’envies multiples. Envie de bâtir, parfois ; envie d’être suivi, souvent ; envie de grandir, toujours. Cette envie de croître et de faire croître sans laquelle toute ambition ne demeurerait qu’un projet banal ; mais envie de grandir en lien, c’est-à-dire ‘avec les autres’, ‘grâce aux autres’ et ‘pour les autres’. Car toute aventure managériale ne peut plus se déployer que dans un jeu collectif”, écrit Philippe Gabillet, dans sa préface à un récent ouvrage consacré à l’engagement du dirigeant.

De la sorte, ce professeur de leadership à l’ESCP Europe tient à rappeler que l’engagement du dirigeant dépasse, par nature, sa seule personne. S’engager, c’est bien évidemment investir du temps, de l’énergie. Mais, plus encore, “c’est s’investir dans un rêve organisationnel qui fasse sens”. C’est donc aussi “aller au-delà de soi-même” en se mettant “au service d’un but que l’on juge plus haut que soi-même”. L’engagement du dirigeant a nécessairement une dimension collective : il doit “donner aux autres l’envie de s’engager à ses côtés, quelle que soit la contrainte, quel que soit le risque”. D’où l’impératif de donner du sens à l’engagement.

Philippe Gabillet insiste ainsi sur la nécessité d’aligner trois niveaux de sens. Le premier – le plus évident – est rhétorique : “S’engager c’est articuler une pensée et un discours nourris d’histoire et d’analyse du présent, tout en montrant clairement les promesses d’un futur déjà en marche.” Le second niveau de sens s’incarne dans l’action car “s’engager, c’est faire advenir, c’est se brancher sur le réel et ses contraintes, c’est expérimenter ce qui a été promis, c’est décider en conscience de faire des choix, tout en assumant les renoncements qui, parfois doivent les accompagner. C’est pourquoi, le courage ne manque jamais de s’inviter à la table de la transformation.”

Enfin, c’est essentiel, il faut que le dirigeant fasse preuve de présence au sens physique et métaphysique du terme. “S’engager c’est faire acte de présence, à la fois sur le terrain de l’action quotidienne, mais aussi et avant tout dans les esprits. Tout leader authentique qui s’engage est exemplaire car il prend pied dans la mémoire du collectif qu’il conduit, active son désir de changer ici et maintenant tout en incarnant l’espérance d’un monde renouvelé, porteur de nouveaux équilibres, jusqu’à ce qu’advienne le temps de la transformation d’après”, explique Philippe Gabillet. Une belle façon de rappeler que la quête de sens, loin de représenter un rêve fumeux ou un exercice purement théorique et abstrait est indissociable de l’action.

(1) Dirigeants. Le défi de l’engagement, par Raphëlle Laubie et Philippe Wattier, Éditions de l’Archipel, janvier 2017, 304 p.