La conversation au service de la coconstruction

La conversation au service de la coconstruction

Et si la capacité à porter un projet collectif dépendait de laptitude à mener de vraies conversations? Cest lune des convictions défendues, dans un récent ouvrage (1), par Guillaume Villemot, fondateur du Festival des Conversations. Pour lauteur, la conversation nest pas seulement un agrément mais un moyen unique du vivre ensemble. Mieux : elle est un vecteur daction collective car conformément à son étymologie, converser signifie vivre avecmais aussi faire avecles autres.

 

Dans un entretien accordé en 2016, Michel Rocard, déplorant les multiples blocages dont souffre la société française, soulignait également le rôle crucial de la conversation. Si notre société est en déclin, cest parce que nous ne savons pas communiquer les uns avec les autres.Car la conversation est un art qui a ses règles. Une conversation nest pas un bavardage. Elle doit avoir un objet, il faut lui donner un sens, il faut aussi savoir la guider afin quelle ne s’échappe pas dans des circonvolutions lointaines.Autre point clef: une conversation, pour être réussie, doit se faire dans un état desprit où lon accepte d’être touché par les propos de ses interlocuteurs. Une véritable conversation nest pas davantage une guerre de position quune négociation visant à déterminer une fade position médiane. Elle est plutôt un mouvement conjoint propice à l’éclosion dune vision partagée et dynamique. La conversation peut mener à la conversion!

 

Comme le souligne lauteur, la conversation est essentielle à la mise en œuvre des solutions en co” : colocation, covoiturage, mais aussi coworking et bien sûr coconstructionDoù sa conviction: le XXe siècle sera celui du renouveau des conversations ; celui des audaces retrouvées et des écoutes renouvelées, celui des envies, et celui où converser voudra aussi bien dire sexprimer que faire avec les autres. Et sion en parlait?

 

(1) Le pouvoir des mots. Osez la conversation, par Guillaume Villemot,
Éditons Eyrolles/Fondation Manpowergroup, avril 2017, 157 p.,